Francilie 2013: en route pour les Municipales
Grand Paris, vers le bout du tunnel?

Gros ouf de soulagement. Journaliste politique en Ile de France, cela fait trois ans que je bouffe du grand Paris. Trois années à pondre des encadrés et des plateaux explicatifs sur les bisbilles entre l’Etat et la région Ile de France. Trois années avec du STIf, du SDRIF, du Arc Express, du double boucle piqué, du Paris Métropole, du grand Huit, des grands architectes, du Christian Blanc et du Jean-Paul Huchon. Toujours avec le sentiment désagréable que les téléspectateurs ne comprenaient pas le quart de ce que je disais. Toujours avec l’impression étrange de ne pas comprendre la moitié de ce que je racontais.

Trois années à regarder un combat de coqs. Entre un président de région qui ne veut pas laisser une miette de ses prérogatives (compréhensible) et un président de la République qui veut laisser l’empreinte d’un bâtisseur (compréhensible bis). Et derrière une vraie question. Faut il traiter la situation présente ou anticiper sur l’avenir en sacrifiant aujourd’hui? Question rendue alternative par des soucis de budgets alors que les deux impératifs doivent être menés de front. Trois années d’hypocrisie aussi. Les élus de droite soutenant en public le projet mais s’inquiétant en privé sur le mode : les franciliens s’en foutent de l’an 2025, il faut leur parler du présent. Les élus de gauche dénigrant en public le projet mais négociant dans le bureau de Christian Blanc pour que leur ville ait une gare et soit sur la tracé du futur métro.

Heureusement, Jean-Paul Huchon a remporté les élections régionales et Christian Blanc a fumé trop de cigares. Le conflit de personnes a laissé place au compromis politique. Un accord a été trouvé. Est ce la fin de la polémique? Les Verts maintiennent la pression en attendant le vote de l’accord par l’assemblée du conseil regional d’Ile de France. Ils ont poussé Jean-Paul Huchon à marquer un désaccord sur le plateau de Saclay. La question de la gouvernance (qui décide de ce qui se fait?) a été dilluée dans la promesse de rendez-vous d’étapes.  Le financement enfin. 32 milliards pour moderniser l’existant et construire le supermétro. Une somme énorme dont le protocole prévoit  les phases de remboursement sur le papier.

Derrière la polémique sur le financement qui continue, se cache une arrière-pensée. Va venir ensuite la question du phasage. En langage clair que construit on en premier? Et en discutant avec les élus de tout bord, ils ont tous la même crainte. Et si le chantier ne venait pas à son terme?Et si la crise ou un tour de vis budgétaire supplémentaire de l’Etat interrompaient le chantier? Du coup, ils annoncent une belle foire d’empoigne. Tout le monde va vouloir être inscrit dans la première phase du chantier au cas où le reste ne se ferait jamais.

Sur le Grand Paris, le bout du tunnel, ce n’est pas pour tout de suite. Il n’est pas encore temps de mettre mes dossiers à la poubelle. Façon de parler, car je rassure tout le monde je ne constitue pas évidement de dossiers sur les questions sérieuses

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