Mercredi 9 mai, Charles Beigbeder lance sa campagne législative à l’occasion d’un meeting. L’entrepreneur, ancien patron de Poweo, sera candidat de l’UMP dans la 8 ème circonscription de Paris à cheval entre les XII ème et XX ème arrondissements.
Charles Begbeider a déja tout prévu. Son calendrier de campagne des législatives est bouclé jusqu’au 13 juin.
Professionnel
Elle commence ce soir par un meeting dans sa circonscription, la huitème de la capitale, à cheval entre le 12 ème et 20 ème arrondissement. Affaire de tempérament et d’expérience. “C’est vrai je ne viens pas de la politique, mais je suis chef d’entreprise: professionnel et méthodique”, affirme l’ancien candidat à la présidence du Medef, et toujours détenteur de 80% des parts d’une holding d’ “asset management”.
Mais la politique est jalonnée d’imprévus. Jean-François Copé devait participer à la réunion de ce soir. Pris par ses activités de patron de l’UMP, il se contentera d’un message vidéo pour soutenir l’un de ses poulains dans la capitale.

L’anti-Klarsfeld
En balisant ainsi son terrain, M. Beigbeder veut surtout trancher avec son prédécesseur dans la circonscription en 2007: Arno Klarsfeld. Parachuté au dernier moment, le célèbre avocat, par une franchise désarmante, avait coulé sa campagne dès le début, en prononçant ces mots célèbres: “je ne suis pas un expert du 12 ème mais je l’ai traversé quand j’ai couru le marathon de Paris”. Une légèreté qui couta à l’UMP la circonscription, conquise par la parti socialiste.
“Arno se laissait vivre, Charles lui est engagé”, témoigne sa suppléante Valérie Montandon. Cet engagement pourra-t-il durer alors que M. Beigbeder a peu de chances de gagner, François Hollande ayant obtenu 55% des voix sur Paris, un record historique?
“Au-delà du 17 juin, et peu importe le résultat, je resterai contrairement aux autres personnalités qui m’ont précédé”, assure l’ancien président de Poweo qui pense à Jean-Marie Cavada et Christine Lagarde, un temps passés par le XII ème avant d’aller vers d’autres cieux plus cléments.
Guerre Fillon-Copé
Les prochaines échéances, ce sont bien sûr les municipales de 2014. Or le XII ème, grand pourvoyeur de conseillers de Paris, est un arrondissement clé pour l’UMP pour espérer reconquérir l’Hôtel de ville.
Mais la candidate programmée est la sénatrice Chantal Jouanno, qui s’est illustrée pendant l’entre-deux- tours en critiquant la droitisation de la campagne ou encore il y a deux jours, en prenant ses distances vis-à-vis de Jean-François Copé.
L’ancienne ministre est un soutien de François Fillon quant M. Beigbeder est un relais du patron de l’UMP. “Je ne comprends pas l’attitude de Chantal Jouanno. Elle tire contre son camp. On appelle cela de la haute trahison. Je lui conseille de prendre sa carte au parti socialiste. Elle est out”, déclare le chef d’entreprise qui a vite compris les moeurs politiques. Le XII ème s’annonce donc comme un des multiples terrains d’affrontement entre MM. Fillon et Copé dans la capitale.
Pour l’heure, il ne devra affronter qu’une candidature dissidente, celle de Franck Margain, réprésentant du parti de Christine Boutin et qui ne l’inquiète que s’il utilise l’étiquette UMP sur ses documents électoraux.
“Candidat néo-conservateur” pour la gauche
Ces divisions amusent évidemment la députée sortante PS, Sandrine Mazetier, ancienne strauss-kahnienne tendance Aubry et spécialiste des questions d’immigration au Parlement.
Mais c’est le profil du candidat qu’elle attaque. “C’est une caricature des dérives actuelles de l’UMP. C’est un ultra-libéral sauf dans le domaine des droits de l’homme. C’est la candidature d’un néo-conservateur”, stigmatise la députée socialiste.
De son côté, elle devra affronter une candidature Front de gauche, porté par Alexis Corbière, un des principaux lieutenants de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle.
M. Beigbeder, lui s’apprête à faire ce soir son premier tractage de la campagne, enthousiaste comme aux premiers jours d’une passion. “L’amour dure trois ans”, écrivait son frère Frédéric. Cela tombe bien, ça nous mène au moins au-delà des prochaines municipales.