Francilie 2013: en route pour les Municipales
Le baiser très politique de @MLP_Officiel

Exposition contre explosion.

En se prenant en photo embrassant à pleine bouche son compagnon Louis Aliot, Marine Le Pen ne devient pas une people comme les autres, elle explose tous les codes de la peopolitisation. 

Elles sont loin, les sages images des candidat-es tenant par la main leurs femmes ou maris le regard plein de tendresse. Complices à la cuisine ou sur les bords de Seine. 

Ces clichés nous vantent et vendent la tendresse tranquille de couples solides qui durent, gages d’une gestion responsable et raisonnable au pouvoir. 

Proxémie du selfie oblige, Marine Le Pen nous montre son désir pour son homme. Contre la langue morte des discours politiques, elle masque à peine la langue vivace de sa libido. La pelle du 30 mai contre les appels sans grand écho des manifs contre le FN. 

Et elle incarne son propre discours. Sa "passion" pour la France se réifie dans sa passion pour Louis Aliot. Elle incarne tout simplement. Marine Le Pen a un corps. Ce truisme n’est pas anodin. Dans cette communication d’incarnation, elle est aidée par sa grande taille et sa silhouette massive. Elle n’est pas une invisible de l’agora. 

Mais ce baiser enfonce le clou, au même moment où François Hollande inaugure le musée Soulages et célèbre le triomphe du noir, certes aux nuances profondes, mais qui métaphoriquement porterait le deuil d’une classe politique enterrée par le résultat des européennes. 

Et dans la luxuriance (on peut rigoler) d’un Jardiland de Perpignan, par ce baiser, Marine Le Pen récupère la promesse de la renaissance printanière, symbole esthétique immémorial des amours en construction. 

Procédurière, Marine Le Pen engagera peut-être des poursuites contre Closer. Mais ce selfie adolescent est une réponse bien plus efficace et vivante. 

TOP 7 des politiques les plus #hipsters (même s’ils ne le savent pas) par @marinevernimont

(Dans le cadre des digressions plus ou moins pertinentes que je donne à l’IPJ sur le monde politique, j’ai demandé à mes étudiants journalistes adorés de réaliser un petit classement à vocation humeuristique ayant trait au dit domaine. Voici le travail de Marine Wernimont)

Top 7* des personnalités politiques les plus « hipster »

*7, parce que 5, c’est trop mainstream.

Manuel Valls, l’habitant du « XI » (à prononcer X barre)

Avant d’être le Premier ministre des Français, Manuel est d’abord un habitant du quartier überbranché de Paris : le 11ème arrondissement. Prononcé « X barre » par les initiés, le triangle Nation-Bastille-République est l’un des quartiers les plus prisés des artistes. On y croise notamment Ludivine Sagnier, Audrey Lamy, Lescop ou encore Pete Doherty. Malgré sa nomination à Matignon, Manuel Valls a décidé de continuer à vivre dans son appartement de 44m2côté Bastille. Vous pouvez d’ailleurs le croiser avec sa femme violoniste pour un brunch dominical au Pause Café, « un bar-restaurant branché où se rencontrent bobos et arty. » Sohipster.

José Bové, le hipster malgré lui

Avec sa moustache trucker et sa vieille pipe en bois, José Bové a la dégaine old school du parfait hipster. Il complète son allure de tee-shirts à messages altermondialistes « Notre-Dame-des-Landes non ! » car José est un homme de principes, qui aime défendre des causes. José est conscient que son mode de vie est privilégié et que ce n’est pas le cas de tout le monde. En bon hipster qui se respecte, José lutte pour protéger l’environnement. José est super branché, mais il ne le sait pas encore. Mais n’est-ce pas justement l’apanage du hipster que de nier qu’il en est un ?

Nadine Morano, l’instagrameuse

Depuis que l’ancienne ministre a découvert l’application Instagram, elle en use et en abuse. Après avoir distrait la sphère politique de ses tweets incessants et parfois douteux, (Jean-Pierre Raffarin lui a d’ailleurs suggéré d’arrêter de twitter lors d’un meeting UMP à Strasbourg en mars dernier), la candidate aux européennes semble avoir jeté son dévolu sur le réseau social préféré des hipster. Le pureplayer féminin ChEEk a même consacré en novembre un article énumérant les « 5 fixettes Instagram de Nadine Morano ». Parmi elles, les fameux selfies : Nadine en vacances, Nadine à l’église, Nadine dans la forêt, Nadine dans son jardin, … Autre « instatic » de l’ex maire de Toul, le name-dropping. Nadine Morano n’hésite pas à utiliser le réseau social pour partager ses rencontres VIP avec ses nombreux followers. On la voit ainsi aux côtés de Bernadette Chirac, Gilbert Montagné, Johnny Hallyday ou encore avec « son amie » Carla Bruni.

Christiane Taubira, la collectionneuse de vélos

À l’heure du grand déballage de patrimoine suite à l’affaire Cahuzac en 2013, la garde des Sceaux se prête elle aussi à l’exercice de transparence imposé par François Hollande. Et là, stupeur ! Qu’apprend-on ? La ministre de la Justice possède non pas un, non pas deux, mais bien trois vélos à son actif. Trois deux roues de marque Décathlon, Gitane et Peugeot, acquis respectivement en 1996, 2005 et 2009, pour une valeur totale de 900€. Un véritable petit butin écolo qui offre à l’ancienne députée de Guyane ses lettres de noblesse hipster. Malgré sa nomination au gouvernement, Christiane Taubira a su rester simple et respectueuse de l’environnement. La ministre n’hésite pas à se rendre à vélo à ses rendez-vous parisiens.

Jacques Chirac, l’idole hipster par excellence

« Président beauf et ringard, il est devenu une icône hipster », écrivait le journaliste Julien Chavanes dans les pages de novembre dumagazine Néon. À l’origine de ce revirement de popularité du président du RPR, Jean-Philippe et Mathieu, créateurs du tumblr Fuck Yeah Jacques Chirac. Depuis 2010, les deux bloggeurs compilent les images les plus cools et les plus absurdes de l’ancien président. Mème de Jacques la clope au bec, vidéos de ses plus célèbres « punchlines », photos d’archives aux côtés de Bachar Al-Assad, tout est bon pour alimenter l’image « smooth pimping, suave gangsterism » du Corrézien. Le site propose également des tee-shirts reprenant une photo emblématique du président hipster. Un véritable « must-have » dont tous les barbus de la capitale se sont rapidement emparés. Jacques Chirac a su séduire par son côté gentleman escroc, au fort potentiel beauf et terroir. Les vraies valeurs quoi.

Sergio Coronado, la panoplie presque complète

Ce député grisonnant de 43 ans porte une barbe de trois jours, fait de la politique sous le drapeau écolo et a fait son coming out sur Twitter… Faut-il vraiment argumenter ? S’il ne porte pas de chemise à carreaux, il était en revanche partisan d’un rassemblement des écologistes à l’élection présidentielle de 2007 derrière le candidat… José Bové. Coïncidence ? Je ne pense pas. 

« L’écologie n’est pas un chemin bordé de pétales de rose », déclarera-t-il à Nicolas Hulot après sa défaite face à Eva Joly. Sergio est un homme élitiste qui lit Machiavel et aime à philosopher sur le sens des choses : « La politique, c’est un rapport au monde, à l’Histoire, mais aussi à l’esthétisme ». Sergio est profond, Sergio est barbu, Sergio est écolo. Bref, Sergio est un hipster.

Arnaud Montebourg, le « made in France »

Il a secoué la « twittosphère » en faisant la couverture du Parisien Magazine en marinière Armor Lux. Rebaptisé pour l’occasion « le Redresseur Productif hipster » par un internaute, le nouveau ministre de l’économie s’est taillé une image rétro, à la fois terroir et mégalo. Un savant mélange qui a de quoi séduire les barbus à lunettes, amoureux des produits « vrais », bien de chez nous et si possible vintage.

Quoi de plus vintage que de poser avec du petit électroménager ? Après avoir libéré la femme, Moulinex a libéré le hipster qui sommeillait chez Arnaud Montebourg.

Par Marine Wernimont

 

Lettre de @bertranddelanoe aux parisiens
A titre informatif, je partage avec vous le communiqué de presse envoyé par Bertrand Delanoë: son adieu aux parisiens
Ces progrès qui vous doivent tout.
Alors que s’achève, avec mon mandat de maire, la période la plus riche et la plus stimulante de mon existence, mes premières pensées vont aux Parisiens avec lesquels j’ai tant partagé, en particulier depuis qu’ils m’ont fait confiance pour faire advenir tous les progrès dont ils sentaient la Capitale digne et capable. Les valeurs dont ils sont porteurs n’ont jamais cessé d’inspirer mes idées et de dicter ma conduite. Il ne s’est pas passé une seule journée sans qu’au détour d’une rencontre ou d’une discussion je ne ressente cette liberté avec laquelle ils font valoir leurs idéaux les plus élevés et leurs besoins les plus concrets, cette égalité qu’ils revendiquent autant pour eux-mêmes que pour celles et ceux qui viennent d’arriver dans leur ville, et cette fraternité dont ils témoignent en accueillant toutes les différences.
C’est pour rendre à ce peuple passionné de démocratie les clés de son destin que nous avions promis en 2001 de faire de l’Hôtel de Ville la maison de tous les Parisiens et de tous les amoureux de Paris. Les uns et les autres ont pu, je crois, y faire état de leurs inquiétudes et de leurs attentes, mais également y proposer leurs idées et leurs rêves. Ces échanges permanents ont contribué, parfois dans la controverse, parfois dans le consensus, à transformer Paris. C’est bien ensemble que nous en avons fait une ville rassemblée autour de ses valeurs, ouverte sur le monde, et disponible pour toutes celles et ceux qui étaient décidés à l’enrichir de leur expérience, de leur intelligence et de leur passion.
Je conserve le souvenir de toutes ces rencontres qui m’ont éclairé, encouragé, remis en cause et parfois même bouleversé. Chacune d’entre elles a su renforcer mon attachement à Paris et ma fidélité à la démocratie. Chacune d’entre elles m’a apporté quelque chose, et je me suis efforcé de restituer cette énergie reçue à la ville dont j’avais l’honneur d’être le maire.
Je quitte l’Hôtel de Ville persuadé qu’être maire de Paris, c’est avant tout se rendre disponible à l’appel du progrès, et déterminé à toujours y répondre. Alors même que la majorité élue en 2001 et 2008 a su tenir tous les grands engagements pris vis-à-vis desParisiens, je suis frappé par l’étendue de ce qui reste à accomplir et à inventer pour favoriser la justice, étendre la liberté, et offrir à chacun la chance d’une vie heureuse.
C’est en ne nous écartant jamais de cette exigence que nous avons pu susciter et entretenir, chaque jour et dans chaque quartier, l’incroyable dynamisme dont témoignent l’essor démographique, l’attractivité économique, la cohésion sociale, la transition écologique et le rayonnement culturel de Paris.
Parce que ces progrès vous doivent tout, je souhaite vous témoigner ma reconnaissance et ma fierté de les avoir portés en votre nom, dans la fidélité aux valeurs uniques et universelles qui constituent l’âme de Paris.
L’élection d’Anne Hidalgo ouvre la voie à des progrès nouveaux. J’ai confiance en elle et en son équipe.
J’ai confiance en Paris avec votre nouvelle élue et son équipe.
Notre ville n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle part à la conquête de son avenir.
Programme de la soirée électorale de @france3paris

J’aurai le plaisir de co-animer avec mes camarades Marlène Blin et Marianne Theoleyre la soirée électorale de la rédaction de France 3 Ile-de-France.

Nous vous donnons rendez-vous de 20h15 à minuit. Une soirée découpée en 4 tranches qui alterneront avec les prises d’antenne de France3 national.

20h15-21h

A cet horaire, seuls sont connus les premiers résultats en Seine et Marne dont les bureaux de vote ferment à 18h. 

Nous discuterons donc de l’abstention et de la projection des résultats nationaux sur la région parisienne : vague bleue ou résistance des bastions PS ?

Nos invités sur cette tranche.

Jérome Guedj: pdt socialiste du CG 91

Roger Katoutchi: sénateur UMP du 92

Pierre Laurent : patron du PC et sénateur de Paris

Denis Baupin: député EELV de Paris

Yann Wehrling: candidat Modem sur les listes NKM

21h15-22H

Les résultats définitifs de la Seine-et-Marne tomberont dans cette tranche. Nous aurons également les résultats partiels des autres départements et peut-être définitifs là où il y a des bureaux de vote électronique.

Nous pourrons aussi commenter les estimations qu’Ipsos réalise pour nous à Paris sur les 12 ème et 14 ème arrondissements.

Les invités de cette tranche sont.

Ian Brossat: porte-parole PC d’Anne HIdalgo

Pierre-Yves Bournazel: porte-parole de NKM

Jean-Marie Le Guen: député PS de Paris

Danielle Simonnet: candidate de Mélenchon à Paris

Wallerand de Saint-Just: candidat FN à la mairie de Paris.

Il est prévu un dupleix avec Charles Begbeider

22h15-23h

C’est dans cette tranche que tomberont tous les résultats de l’Ile-de-France. Notamment ceux de Paris. NKM et Hidalgo devraient faire leur déclarations dans cette période. 

Les invités de cette tranche sont

-Jean-Paul Huchon: président PS de la région Ile-de-France

-Bruno Julliard: porte-parole d’Anne Hidalgo

-Yves Contassot pour EELV

-Alexis Corbière pour FDG

-Pierre Charon pour l’UMP

Un dupleix est prévu avec Christophe Najdovski.

23h30-24h

Pas d’invités plateau. Mais récapitulatif des résultats et première analyse plus à froid des résultats de ce premier en IDF.

Villes Test

Tout au long de la soirée, des journalistes vous feront vivre l’ambiance dans des villes à enjeux de la région.

Paris: Direct chez NKM, direct chez Hidalgo, direct à la mairie de Paris

77: Nous suivrons les élections à Melun que le PS espère conquérir

78: Nous serons à Poissy que la droite espère reprendre

91: Nous serons à Corbeil sur fond d’affaire Dassault

92: Nous serons à Clichy: ville dans le viseur de l’UMP

93: Nous serons à Montreuil pour suivre la bataille à gauche

94: Nous serons à Champigny où la droite rêve de conquérir le fief de Georges Marchais

95: Nous serons à Argenteuil pour l’énième duel Mothron/Doucet.

Edition spécial également lundi de 12h50 à 13h40 pour une analyse de ce premier tour avec tous les reportages de la soirée. (Clamart, 12 ème, 14 ème, Saint-Denis, etcetc)

#Paris2014. Pour patienter jusqu’à dimanche, petit quiz maison sur l’histoire des municipales à Paris
Tibéri, Chirac, Delanoë ! Vous croyez tout connaître de l’histoire des élections municipales à Paris. Les arcanes de la loi PLM n’ont plus de secrets pour vous. A vérifier. Car pour savoir où on va, il faut connaître d’où on vient. Faîtes le point avec ce questionnaire. Serez-vous un bon électeur au mois de mars prochain ?


A: Qui a été le premier maire de Paris ?

1) Jean-Sylvain Bailly
2) Jules Ferry
3) Jacques Chirac
4) Georges Clémenceau

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B: Dans quel arrondissement Jacques Chirac était-il candidat ?

1) le VIII ème parce que c’est l’arrondissement de l’Elysée
2) le V ème parce que la mairie est face au Panthéon
3) le XVI ème parce qu’il pouvait avoir des entrées gratuites pour le musée Guimet
4) le VI ème parce qu’il pouvait faire des “happy hour" de bière rue de la Soif


C: Quel était le slogan du candidat socialiste à la mairie de Paris en 1983 ?

1) Quilès la tendresse
2) Joxe, la désintox
3) Lang, quel bel homme
4) Jospin, à la baguette pour un meilleur pain

D: De quel arrondissement Jean-Marie Le Pen a-t-il été conseiller municipal ?

1) Le V ème parce que ça lui rappelait la corpo de Droit
2) Le XVI ème parce qu’il était voisin de Saint-Cloud
3) Le XII ème parce qu’il y a la place de la Nation
4) Le XX ème parce qu’il est situé à l’extrême-droite géographiquement.

Le maire de Paris Bertrand Delanoë sort du Conseil de Paris après l'approbation du projet d'application de la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée 2013 dans les écoles parisiennes. © JOEL SAGET / AFP
© JOEL SAGET / AFP Le maire de Paris Bertrand Delanoë sort du Conseil de Paris après l’approbation du projet d’application de la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée 2013 dans les écoles parisiennes.


E: Depuis, quelle date Bertrand Delanoë est élu au conseil de Paris ?

1) 1977
2) 1983
3) 1989
4) 1995

F: En 2001, comment Xavière Tiberi a présenté son mari ?

1) un martyr
2) un agneau
3) un saint
4) un Dieu

G: Quel candidat séguiniste n’est pas parvenu à se qualifier pour le second tour en 2001 ?

1) Henri Guaino, qui n’est pas entré  dans l’histoire de Paris
2) Roger Karoutchi, qui n’avait pas voulu voter par Internet
3) Nicolas Dupont-Aignan qui est resté debout place de la République
4) François Fillon qui n’a pas été validé par La COCOE

H: Quelle ministre du gouvernement Ayrault a commencé sa carrière comme candidate des Verts en 2001 dans un arrondissement ?


1) Cécile Duflot qui tagguait des messages de 140 signes sur les murs
2) Aurélie Filipetti qui avait refusé le soutien de Gérard de Villiers
3) Yamina Benguigui qui utilise toujours les mêmes affiches de l’époque
4) Sylvie Pinel mais personne ne s’en souvient

© JOEL SAGET / AFP (Archives)
© JOEL SAGET / AFP (Archives)


I: Parmi ces personnalités,qui n’était pas candidat sur les listes parisiennes en 2008?

1) Philippe Torreton, avec la barbiche de Mazarin
2) Firmine Richard, sans ses après-ski
3) Roger Auque, sans sa moustache
4) Elie Semoun, sans Dieudonné


J: En 2008, qui faisait un ticket avec Christine Lagarde dans le XII ème ?

1) Jean-Marie Cavada en écharpe bleue
2) Arno Klarsfeld en roller
3) Charles Beigbeder en voiture électrique
4) Jean de Gaulle en porte-avion sur la Seine


K: Qui a reçu l’oscar du meilleur dissident en 2008 par les étudiants de Sciences-Po?


1) Jean Tiberi
2) Michel Charzat
3) François Lebel
4) Gérard D’Aboville


L: Qui a empêché Rémi Féraud, maire du X ème d’être élu au premier  tour en 2008 ?

1) Frigide Barjot alias Virginie Tellenne
2) Gaspard Delanoë alias l’homonyme
3) Jean-Marc Restoux alias le clochard céleste
4) Cindy Lee alias la candidate du plaisir





Corrigé

Question A= réponse1
Question B= réponse 2
Question C= réponse 1
Question D= réponse 4
Question E= réponse 1
Question F= réponse 3
Question G= réponse 1
Question H= réponse 2
Question I= réponse 4
Question J= réponse 1
Question K= réponse 3
Question L= réponse 2

Mon grand-père, maire visionnaire et désabusé: un exemple à méditer pour la jeune génération de candidats

Attention placard aux archives.

En l’occurrence, celles de ma mère et de sa famille. J’ai fait un peu de classement ce week-end. Et je suis tombé sur un interview de mon grand-père, en 1971 dans Ouest-France. 

Eugène Cariou, puisque c’est son nom, vient d’être élu maire de Loperhet, petit bourg de 1.500 habitants à l’époque (3500 aujourd’hui). C’est en Bretagne, à 20 km au sud de Brest.  Il est rentré dans sa ville natale pour sa retraite après une carrière dans les PTT où il a fini chef d’une agence à Paris. Il a alors 64 ans.

Ouest-France l’interroge pour dresser un premier bilan après 9 mois de mandat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que mon grand-père semble déjà désabusé. “La charge est pénible, lourde et complexe. C’est le défilé des pleureurs souvent”, explique-t-il en 1971. Comme quoi la complainte du maire déprimé ne date pas de la dernière décennie.

Il détaille son emploi du temps consacré à la mairie. “Deux heures minimum par jour plus les réunions”. Le journaliste évoque son indemnité de dix francs par jour. “C’est nettement insuffisant. Quand vous avez payé vos déplacements, c’est-à-dire le pompiste d’en face, il ne vous reste pratiquement rien”, répond mon grand-père. 

Le journaliste lui demande s’il faut alors en arriver à des maires fonctionnaires. Mon grand-père semble dubitatif. “Ce ne serait pas une formule très heureuse, mais il faudra bien trouver une solution. Un jour ou l’autre, je me demande si on dénichera encore des maires bénévoles car tout absolument tout passe par la mairie maintenant. (….) Dans l’état actuel des choses, il faut que le maire soit un retraité”, juge Eugène Cariou.

Et pour conclure l’article, mon collègue de Ouest-France lui demande s’il a des regrets. “C’est une expérience, mais je regrette quand même que le mandat soit si long”, répond-il.

La suite de l’histoire, vous la devinez. Mon grand-père s’est évidemment présenté pour conduire un second mandat (1977-1983). Il avait donc du soigner sa déprime des premiers instants ou trouver goût au pouvoir. C’est de ce deuxième mandat dont j’ai des souvenirs précis. Je suis né en 1970. Mon grand-père nous expliquait qu’il avait poursuivi parce qu’il voulait achever ce qu’il avait commencé notamment tout ce qui concernait le syndicat des eaux.

Ce qui ne l’empêchait pas de maugréer à chaque fois qu’il mettait une cravate  pour se rendre à un enterrement ou à une veillée funéraire, car il considérait que la fonction de maire voulait qu’il soit présent parmi ses administrés dans le chagrin. Sans parler des remarques de ma grand-mère qui trouvait que les cadeaux de mariages coûtaient trop chers.

J’étais chez lui pendant les vacances du mois de juillet ou d’août. Les activités de mairie ne battaient pas leur plein. Mais je le voyais régulièrement prendre sa R12 pour traiter les affaires courantes. Une à deux fois par semaine. Et enfant, je trouvais que mon intimité était souvent dérangée à l’heure de l’apéritif vespéral par le passage d’adultes qui m’empêchaient de regarder les Chiffres et les Lettres tranquillement dans le salon. “Des pleureurs” sans doute.

Mon grand-père ne s’est pas représenté en 1983. Il est mort en 1992. L’article de Ouest-France se terminait par la phrase suivante. “Eugène Cariou va consacrer au mandat de maire les plus belles années de sa retraite en se consolant que ça serve à quelque chose”. 

Avec mon grand-père, j’ai pêché les crevettes et les coques sur la plage de Rostiviec et j’ai joué aux boules sur la place du village. C’est surtout lui qui m’a amené voir mon premier match de foot en vrai. Un Brest-Guingamp amical de début de saison.

Aujourd’hui, le stade de foot de Loperhet s’appelle le “Stade Eugène Cariou”, avec une plaque en granit. Je ne sais pas si ça sert à quelque chose, mais moi ça me va.

Pourquoi avoir honte du mot dissidence ?

Citoyennes, complémentaires, indépendantes, autonomes. Tout sauf dissidentes. 

Le dictionnaire des synonymes est mis à contribution par tous les candidats “alternatifs” à une liste investie officiellement par un parti politique. 

Tout est bon du moment que ne soit pas écrit en lettre d’infamie le mot dissidence. Trop violent, trop diviseur. Et puis c’est le vocabulaire attribué par les listes officielles à leurs adversaires. C’est avant tout un combat de communication. Terroristes vs résistants, une longue histoire. 

Pourtant ce mot de dissident a une connotation positive. Il renvoie à Alexandre Soljenytsine et à tous les combattants de la liberté contre les régimes totalitaires. Ce serait donc par simple lucidité et respect mémoriel que les “alternatifs” n’accoleraient pas ce beau mot de dissidence à leurs listes. Ou alors auraient-ils peur des conséquences de leurs audaces ?

Les membres de ces listes dissidentes à Paris me reprochent souvent d’employer cet adjectif quand je parle d’eux. Désolé, mais j’appelle un chat, un chat, et pas un petit félin qui aurait l’agilité du lynx sans avoir la cruauté du tigre. 

J’ai néanmoins regardé dans le dictionnaire pour voir si je ne me trompais pas. "Action ou état de ceux qui se séparent d’une communauté religieuse, politique ou sociale”. Je comprends que c’est le mot séparer qui vous dérange car la plupart d’entre vous n’auront de cesse de réintégrer leur famille du passé, une fois le temps de la dissidence révolue. Et à titre humain, je comprends que ce soit violent de s’éloigner d’amis ou de compagnons.

La définition glanée dans wikipédia me convient mieux. “La dissidence est bien une attitude qui n’est pas nécessairement dirigée contre quelque chose, mais qui implique un désaccord ou une distance prise avec un pouvoir ou une autorité politique. Elle n’entre pas forcément en conflit direct, elle s’écarte, elle cherche d’autres voies et d’autres espaces de légitimité. Le terme « dissidence » se distingue par là des termes « contestation » et « opposition », qui indiquent une confrontation au sein même du système politique en vigueur”. 

Cela rejoint mieux votre stratégie de communication. A croire que c’est l’un d’entre vous qui a rédigé la page Wikipédia. 

Pourquoi alors avoir honte de ce mot ? Trop politicien. Car stricto sensu, pour être dissident, il faut avoir appartenu à un parti. Il est tellement plus politiquement correct de parler de listes citoyennes. Ah l’ultime évocation de la société civile, joli paravent bienséant sur ce qui n’est qu’un jeu d’ambition et de positions sur des listes. 

Personne n’est dupe, tandis que dissident, ça a de la gueule, peu importe les raisons. Ca sent la liberté, le romantisme des réunions secrètes, et le dandysme des Poulidor (je sais c’est un sacré oxymore).

Alors, amis dissidents, assumez votre dissidence !

Du RPR au FN en passant par le MoDem, portrait de Michel “caméléon” Bulté

Ce n’est pas une veste qu’il retourne mais tout un dressing.

Michel Bulté, ancien adjoint de Jean Tiberi, rejoint le FN à Paris. Il était présent jeudi matin lors de la présentation du programme par Wallerand de Saint-Just. Bulté conduira la liste du Rassemblement Bleu Marine dans le XIX ème arrondissement.

Auparavant, il a été maoïste, RPR, UDF, UMP et enfin MoDem. “On pourra dire qu’il a fait toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Quel con ! Ca me fait de la peine”, juge Jean-François Legaret, son ami des années conseil de Paris.

"Est-ce-que cela me surprend ? Non, oui , enfin….On savait qu’il était multicarte", s’exclame une ancienne élue UDF à la mairie de Paris.

"Je n’ai jamais trahi que des gens qui s’étaient déjà trahis eux-mêmes", répond Michel Bulté, qui évoque les reniements de Jacques Chirac ou de François Bayrou.

En 1995, Liberation lui offrait les honneurs de son portrait de dernière page. Du club de rugby du Biarritz Olympique à la mairie du 19 ème en passant par l’usine de plastique de Gentilly, le quotidien montrait un élu de terrain classique, labourant son arrondissement à la bonne franquette. «L’emmerdant avec les commerçants c’est qu’ils sont vraiment très fachos”, dit-il alors selon le journal.

"C’est par pur opportunisme qu’il rejoint le FN. Ca n’a rien d’un choix politique. Ca veut dire on ne s’occupe pas de moi, je me rappelle à vos bons souvenirs", commente l’élue UDF.

Michel Bulté était tibériste avant d’être chiraquien. Mais en 2001, il se range du côté de Philippe Seguin. Mauvaise pioche. En 2002, aux législatives, l’UMP investit Lynda Asmani. Candidat dissident, il la devance au premier tour, mais les arrondissements de l’est parisien sont passés à gauche après le départ de Chirac, il s’incline face à Jean-Christophe Cambadélis.

Sans fief électoral, sa carrière décline, et sa personnalité prend le dessus sur son parcours. “C’est un gars très drôle. Il est à pisser de rire. Je l’aime bien, même si je suis déçue qu’il aille au FN”, témoigne l’élue UDF. “Une grande gueule, avec une certaine bonhomie. Un type très drôle”, ajoute Brigitte Kuster, maire UMP du 17 ème.

Michel Bulté devient agent d’ambiance au conseil de Paris et au conseil régional d’Ile-de-France, où il est élu. Il se fait une spécialité des combats donquichottesques: candidature à la présidence de l’UMP en 99, candidature dissidente aux sénatoriales en 2004. Je crois me souvenir qu’au début des années 2000, il était passé du groupe UMP au groupe UDF au conseil régional pour une obscure raison administrative. Tout en restant au groupe UMP au conseil de Paris. “Il aimait bien jouer de son côté décalé”, souligne Jean-François Legaret. “Il était copain avec les élus de tous les partis politiques. Ca énervait ses petits collègues de l’UMP”, raconte l’élue UDF.

A force d’être décalé, on ne vous calcule plus du tout. En 2005, il rejoint pour de bon l’UDF dénonçant la dérive droitière de l’UMP. On le retrouve en 2007, candidat MoDem aux législatives dans le 15 ème, où il fera un peu plus de 10%. Il apparaît sur les écrans radars en 2011. Il publie une improbable lettre de candidature à la primaire PS pour l’élection présidentielle au nom de “l’Initiative nouvelle des indépendants gaullistes nationaux et sociaux”. Depuis plus aucune nouvelle.

"Il replonge en politique. C’est la surprise du chef. Je croyais qu’il avait décroché", réagit Brigitte Kuster, quand je lui apprends la nouvelle. "J’étais gravement malade. Mais voilà je suis ressuscité", plaisante Michel Bulté. Et l’ancien mao-centro-RPR ne se démonte pas quand on lui demande quelle crédibilité a son parcours politique après tant de sinuosités ?

"Je suis atteint du syndrome Good Bye Lenin. Quand je me suis réveillé, tout avait changé. L’UMP est divisée, décapitée, déchirée. J’ai l’impression d’avoir devant les yeux une loose parade dramatique, reposée sur un centre moribond. Pour moi, la seule alternative crédible à droite, c’est le Rassemblement Bleu Marine", explique-t-il, ajoutant que "RBM, ça veut dire rassemblement bon pour le moral". Punchliner un jour, punchliner toujours.

C’est par Philippe Martel, connu à la mairie de Paris sous Chirac qu’il a approché le FN. Un bon coup à priori. “Sur son nom, je suis persuadé qu’il peut faire son siège dans le 19 ème”, juge l’élue UDF. “Hum, je ne sais pas, les gens m’ont peut-être oublié”, répond celui qui n’a été maire de l’arrondissement qu’une seule année en 94.

S’il échoue, MIchel Bulté pourra toujours tenter sa chance du côté d’Europe-Ecologie. C’est la seule étiquette politique qui manque dans son dressing.

Delanoë “maire aphrodisiaque” : une plaisanterie plus profonde qu’il n’y parait

Je suis un maire aphrodisiaque”.

Alerte rouge dans la rédaction. Bertrand Delanoë, aux propos d’ordinaire maîtrisés, se lâche. Envisagerait-il une reconversion comme mannequin senior pour une marque de fringues ? Après tout, il en a la sveltesse.

Pour ses derniers voeux à la presse, Bertrand Delanoë n’oublie pas le message politique. Il soutient clairement le “tournant social démocrate” de François Hollande. Mais, il distille ça et là quelques plaisanteries. “J’en profite pour vous souhaiter une bonne année 2015, 2016 etc, puisqu’après je ne serai plus là”, glisse-t-il en propos liminaires. Humour de circonstance, mais d’autres saillies à visée drolatique sont plus profondes qu’il n’y parait.

Un journaliste allemand lui demande donc “quel est son principal échec et sa principale réussite à la mairie de Paris?”. “Je suis un maire aphrodisiaque”, répond-il en plaisantant sur le volet réussite, évoquant le rebond de la natalité à Paris durant ses deux mandats . Une adresse directe à ceux et celles qui pendant les campagnes de 2001 et 2008 soulignaient explicitement qu’ “un célibataire sans enfants ne connaissait rien aux questions familiales" et plus implicitement "surtout en tant qu’homosexuel”.

Or, Bertrand Delanoë aurait souhaité être père. Il avait même lancé une procédure d’adoption qu’il a abandonné en cours jugeant la constitution d’une famille incompatible avec l’intensité de travail du mandat de maire. Dans sa biographie de Bertrand Delanoë, Philippe Martinat raconte la grande attention qu’a eu le maire de Paris pour les enfants de ses amis. Ils appréciaient leur compagnie et certains devenus adultes sont restés ses amis. “C’est parce que sa famille lui a échappé qu’il court après celle des autres”, écrit Philippe Martinat.

Derrière le bon mot et la petite pique provocatrice, il faut entendre sans doute les regrets et les blessures intimes. Et la réponse de Bertrand Delanoë était tout sauf anodine ce midi.

A l’autre partie de la question, le maire de Paris explique “que son échec relatif est de ne pas avoir éradiqué l’insalubrité à Paris plus rapidement”. Et il cite les incendies des hôtels meublés de 2005. Là aussi, la réponse n’est pas anecdotique. Bertrand Delanoë a été profondément marqué par ces dramatiques faits-divers. 24 morts en l’espace d’une semaine. C’était en 2005, l’année noire de ses deux mandats. Celle ou il a été déstabilisé politiquement par l’échec de la candidature de Paris aux J-O. Mais c’est bien ces deux incendies qui l’ont humainement bouleversé.

Il n’est donc pas innocent qu’il cite spontanément ces deux exemples, plutôt que la création du tramway ou d’autres choses. Le maire de Paris ne souhaite pas forcément faire déjà le bilan de son action tout de suite.

"Je ne parle jamais de ma vie privée pour ne pas la pourrir”, a-t-il répondu à une question sur les limites entre vie privée et vie publique. Mais, pour qui sait lire entre les lignes et les rires, il a livré un peu de lui-même ce midi.

Pourquoi il n’ y a pas de dissidences internes contre Anne Hidalgo ?

Qui sera le Charles Beigbeder du PS parisien tentant d’unir d’éventuels mécontents ? Peut-il y avoir dans un arrondissement un Dominique Tiberi de gauche ?
A priori personne. Pourtant, il y a des mécontents parmi les militants socialistes à Paris qui n’ont pas de place éligible ou qui ont été évincés par des candidats dit d’ouverture. “On fait la voiture-balai des partis de tous bords en donnant des rentes de situation à des gens qui ne pèsent rien électoralement" confiait une élue socialiste parisienne sous le couvert de l’anonymat fin novembre

Pierre Mansat, adjoint depuis 12 ans à l’Hôtel de Ville, qui n’est pas membre du PS, expliquait publiquement “son dégoût" de ne pas être en place éligible sur les listes parisiennes d’Anne Hidalgo. Mais, passé ce mouvement d’humeur, il n’a enclenché aucune menace de dissidence. Pourquoi les mécontentements ne dépassent pas le cadre interne ?

Quand on interroge les responsables du PS parisien, leur réponse est tout d’abord politique.


Parce que Anne Hidalgo est partie très tôt

Anne Hidalgo a officialisé sa candidature le 4 septembre 2012. Elle l’avait évoquée quelques jours plus tôt aux universités d’été de la Rochelle. “Certains lui disaient que c’était trop tôt”, raconte Pierre Aidenbaum. “Elle répondait qu’il fallait être en ordre de marche le plus tôt possible”, poursuit le maire du 3 ème arrondissement. Notamment dans la perspective d’une primaire interne avec Jean-Marie Le Guen. “Ca vient de loin. Elle a installé son espace peu à peu. Et Jean-Marie a constaté qu’elle occupait presque tout l’espace”, explique une élue parisienne.

Jean-Marie Le Guen a jeté l’éponge en mars 2013. Dès lors sans concurrence, Anne Hidalgo pouvait préparer tranquillement sa campagne. “Elle a prévenu tout le monde avant d’être investie. Elle souhaitait le non-cumul, le renouvellement et l’ouverture”, rappelle Rémi Féraud, premier secrétaire de la fédération Ps de Paris.

A charge pour lui de déminer le terrain pendant le printemps et l’été 2013 sur la question des têtes de liste et de leurs compositions. “J’ai passé beaucoup de temps à préparer les choses en amont. Des dizaines d’heures à réunir les gens autour de la table”, poursuit le maire du X ème. “Ca a été une élaboration dans le temps avec un timing très lent”, confirme Pierre Aidenbaum.

Ce qui a aplani les différents mais il restait des mécontents. Intervient alors le deuxième filtre.

Parce qu’il y a un vote des militants

Le jeudi, c’est vote au parti. Les militants socialistes ont l’habitude des glisser des bulletins dans les urnes. Pour ces élections municipales, ils ont voté deux fois: pour les têtes de liste et pour la composition des listes dans presque tous les arrondissements. “Il y a une question de culture d’appareil. L’élection municipale n’est pas différente des autres élections. On a l’habitude de cela. On se présente, on se confronte et puis c’est comme cela”, explique un élu parisien qui ne soutenait pas forcément Anne Hidalgo mais qui fait sa campagne sans état d’âme.

Le vote donne plus de légitimité" poursuit Rémi Féraud. Même si évidemment, Anne Hidalgo a fait connaître ses choix et que des négociations ont eu lieu pour limiter les incertitudes du scrutin. "Il reste que nos statuts sont assez souples. N’importe qui peut se présenter. Mais, à partir du moment où il y a une légitimation par le vote, il n’y a plus de marge de manoeuvres après. Si vous êtes minoritaire dans votre section, c’est difficile de prétendre mener une liste ensuite”, explique le directeur de campagne d’Anne Hidalgo.

Que les désignations des candidats créent des déceptions individuelles, c’est une évidence. Mais ça ne se traduit pas chez nous par des dissidences. Une déception individuelle ne suffit pas pour faire des listes”, conclut-il.

Parce qu’il n’ y a pas d’espace politique

La profusion des dissidences à droite s’explique aussi par le fait qu’il y a une alliance entre l’UMP et le centre avant le premier tour. Cela laisse un petit espace politique même s’il est rogné cette année par la perspective d’un Front national plus fort à Paris. A gauche, à côté du PS, il y a également une liste Mélenchon et une liste Europe-Ecologie. C’est plus compliqué à faire son trou.

La candidature solitaire ne marche jamais. Il y a eu des dissidences par le passé”, rappelle une élue parisienne qui évoque les législatives de 2007 et les candidatures de Georges Sarre (MRC et maire du 11 ème à l’époque) et de Michel Charzat (alors PS et maire du XX ème) contre les candidats investis par le parti socialiste. “Ces deux élus ont silloné leurs arrondissements pendant des années. Le jour où ils n’ont plus eu l’investiture, ils ont été écrabouillés. Cela n’encourage pas l’aventure individuelle”, commente-t-elle.

L’épisode de Michel Charzat en 2008 apporte un bémol à cette théorie. Il présente une liste dissidente dans le XX ème arrondissement et réussit à obtenir 16% des voix au premier tour qui lui permet de garder son siège de conseiller de Paris. Mais, il a bénéficié de circonstances favorables puisque la droite divisée en deux listes n’avait pu se qualifier pour le second tour dans cet arrondissement très ancré à gauche.

Pour 2014, il retente l’aventure. Même s’il n’est plus membre du PS depuis 2007, son historique à l’Hôtel de Ville depuis 1977 fait qu’il peut-être considéré comme la seule dissidence socialiste dans un sens très large. En exagérant un peu.

On a un effet marque qui est plus puissant à Paris qu’en Province. Les gens votent socialistes avant tout plus que pour une personne. Ca décourage les dissidences individuelles”, estime un élu parisien.

Parce qu’il y a plus de postes à partager

Au PS, tout le monde s’inscrit dans une logique de victoire alors qu’à droite on se répartit d’abord les places éligibles dans l’optique de la défaite”, juge Rémi Féraud. C’est plus facile lorsqu’on est favori de l’élection. C’est mathématique. Il y a plus d’élus au conseil de Paris, dans les mairies d’arrondissements et plus de place dans les cabinets de la ville.

Ainsi, Anne Hidalgo, quand elle a prévenu Pierre Mansat de son absence des listes, l’a rassuré sur son avenir en lui promettant qu’il travaillerait à ses côtés sur la question de la Métropole du Grand Paris. Dans les mêmes circonstances, selon Roxane Decorte, Nathalie Kosciusko-Morizet lui aurait proposé d’intégrer les permanents du groupe UMP au conseil de Paris. Pas forcément la même source de motivation.

Interrogés sur cette motivation, les responsables socialistes contactés préfèrent rester évasifs ou botter en touche. Une palette qui va “du non je ne crois pas" au "oui, c’est possible”. “Au contraire, il y a plus de frustration à ne pas faire partie d’une équipe gagnante”, juge une ancienne adjointe à l’Hôtel de Ville. Certes, mais cette frustration ne s’exerce qu’au soir du second tour.

On est de bons élèves. Y a un fonds de responsabilité" préfère résumer Pierre Aidenbaum.

Parce que la dissidence n’est pas dans la culture politique

De 1977 à 2001, le PS a été dans l’opposition à Paris. Presque 25 ans, sans pouvoir contester le pouvoir de Jacques Chirac et sans même pouvoir s’exprimer pleinement en séance tellement ils étaient peu nombreux. Cela crée une solidarité, un esprit de corps dont Bertrand Delanoë est le symbole. Ils sont peu de cette génération à être présent sur les listes d’Anne Hidalgo où les vainqueurs de 2001 sont en force. “Il y a une cohésion et une amitié très grandes entre les deux générations”, estime néanmoins Pierre Aidenbaum, élu depuis 1983 au Conseil de Paris.

Une culture de solidarité qui se perpétue. L’esprit collectif revendiqué par toutes les personnes interrogées. “Chez nous il y a une forme d’acceptation des règles communes qui n’existe pas dans la droite parisienne. A droite c’est l’acceptation du chef et depuis que Chirac est parti, il n’y a plus de chef”, commente Rémi Féraud.

Mais, justement, le départ de Delanoë ne signifiait-il pas le départ du chef ? En cette rentrée de janvier, il accompagne plus fortement Anne Hidalgo qu’en 2013. Son autorité explique-t-elle l’absence de dissidences ? “Anne est capable de taper du poing sur la table quand il le faut”, entonnent en choeur les élus socialistes sous-entendant qu’il ne faut pas se fier à son image publique de “gentille”.

Pierre Aidenbaum livre peut-être la clé ultime de cette absence de dissidence. “Depuis le début avec Anne Hidalgo, on sait que la bataille va être difficile. On sait que la condition de notre victoire, c’est l’unité. Si on avait montré un visage de dissidence, cela aurait donné des armes à nos adversaires”, conclut le sage du PS parisien.